Le Mont Damion
André Dhôtel s'est souvent rendu sur les pentes forestières
du Mont Damion, pour y chercher des champignons,
et au village de la Besace, tout proche, où il se recueillait chaque année
sur la tombe de l'abbé Collignon, prêtre ami de la famille, mort en 1939.
(voir Lointaines Ardennes, pages 145 à 150, et Retour page 21).
Rien d'étonnant donc qu'il ait situé un de ses romans
dans ces vallonnements boisés de l'Est des Ardennes,
à mi chemin entre le Chesne et Mouzon :
" Le Mont Damion : je ne savais pas quel roman ce serait, mais il fallait coûte que coûte que ce livre s'appelle ainsi. Dès les premières pages,
on aperçoit de loin le Mont Damion, et je me disais sans cesse qu'il devait jouer un rôle à un moment donné. " ( L'École buissonnière, page 37).
De nos jours, finies les récoltes d'amanites rougissantes et de polypores
en ombelle ! Le Mont Damion est clôturé, bouclé, confisqué.
Sitôt franchie la lisière du bois que longe la petite route reliant
le village de la Berlière au carrefour de la Bagnolle
(voir la carte en 4e page de couverture),
on butte sur une clôture grillagée haute de trois mètres, doublée d'un fil électrique et ponctuée de sinistres pancartes Chasse gardée.
Chasse au loup ?
En référence cynégético-littéraire au loup que Fabien Gort apprivoise
ou à l'Anglais à chemise rouge
qui chasse sur le Mont Damion du roman ?…
Le Mont Damion venant d'être réédité chez Phébus,
nous reproduisons dans ce bulletin le bel article que Philippe Jaccottet consacra à ce roman et à son auteur en 1964,
ainsi qu'un entretien entre André Dhôtel et Éva Thomé
paru dans L'Ardennais à la même époque.
Nous y avons joint divers documents relatifs à ce livre et à ce mont.
Monter sur le Mont Damion est maintenant interdit au promeneur,
mais pas au lecteur d'André Dhôtel
qui peut toujours mettre ses pas dans ceux de Malvant et du narrateur de Lointaines Ardennes, et tourner son regard vers le
" dehors verdoyant et céleste qui se met à vibrer et qui à des moments devient presque
le dehors du monde. "
|